Du 16 au 17 Octobre 2023, le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (GIABA) a organisé un séminaire national de sensibilisation des chefs d’organisations religieuses sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) sur le thème est « Le rôle des leaders religieux dans la LBC/FT »
Environ une quarantaine de Chefs et responsables des Eglises Méthodistes Unies de Côte d’Ivoire (EMUCI); du Clergé Evangélique et Pentecôtiste de Côte D'ivoire (CLEP-CI) ; de la Conférence des Evêques Catholiques de Côte D'ivoire (CECCI), du Conseil Suprême des Imams Organisations et Structures Sumites (CODISS) ; de la Fédération Evangélique de Côte d’Ivoire (FECI) ; du Conseil Supérieur des Imams en Côte d’Ivoire (COSIM) ont pris part cette rencontre qui visait à contribuer à définir le rôle des leaders religieux dans la LBC/FT et de renforcer leur niveau de compréhension et de sensibilisation sur les questions de LBC/FT et d’extrémisme violent.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Préfet de Région, Préfet du Département de Yamoussoukro, Monsieur Gando COULIBALY, représentant le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Il avait à ses côtés le Secrétaire Général de la Mairie de Yamoussoukro, Monsieur Jacques ZOUZOU, le Président de la CENTIF-CI, Correspondant National du GIABA, le Colonel Major Idrissa TOURE et le représentant du Directeur Général du GIABA, Monsieur Timothy MELAYE.
Dans son allocution de bienvenue, le Président de la CENTIF-CI, Idrissa TOURE a exprimé la gratitude des autorités politiques au GIABA qui a bien voulu organiser cette activité en Côte d’Ivoire. Il a reconnu le rôle des autorités religieuses dans la LBC/FT et s’est dit réconforté par leur engagement dans la réduction des inégalités sociales. Il a enfin exhorté les participants à formuler des propositions et des recommandations pertinentes durant le séminaire.
Au nom du Directeur Général du GIABA, Monsieur Timothy MELAYE a traduit la reconnaissance de son institution aux autorités ivoiriennes pour avoir accepté d’accueillir ce séminaire de haute importance. Il a également fait état des efforts et des performances de la Côte d’Ivoire en matière de LBC/FT. Soulignant que ce séminaire est un tremplin visant à renforcer la forte capacité d’influence des leaders religieux dans la LBC/FT, il les a invités à user de leurs pouvoirs pour susciter des changements transformationnels de leurs communautés par la force des messages persuasifs et l’action. Leur responsabilité va au-delà de la religion et s’inscrit dans la vie citoyenne au quotidien.
Le représentant du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le Préfet de Région, Préfet du Département de Yamoussoukro, Monsieur Gando COULIBALY, dans son discours d’ouverture, a réaffirmé que les autorités religieuses sont l’épine dorsale entre l’Etat et le peuple. Il a mis l’accent sur l’engagement du Gouvernement ivoirien à lutter contre le BC/FT et a cité à juste titre, les différents instruments mis en place à cet effet. Reconnaissant la pertinence du thème du séminaire, le Préfet de Région a invité les participants à s’impliquer davantage pour atteindre les objectifs de la rencontre.
Durant deux (2) jours de travaux, les différentes communications d’experts régionaux et du GIABA ont permis aux participants de comprendre entre autres : le Mandat, rôles et activités du GIABA ; les mesures de LBC/FT en Côte d’Ivoire ; le Rôle des leaders religieux dans la LBC/FT ; les Risques de BC/FT et vulnérabilités associées aux associations ; les Risques d’exploitation des organismes à but non lucratif par les terroristes ; et les concepts de promotion de la tolérance et prévention du radicalisme.
Au terme des travaux, les leaders religieux ont recommandé entre autres, à l’endroit de l’Etat et à ses démembrements : de renforcer la sensibilisation et la formation des leaders religieux sur la LBC/FT et la lutte contre la radicalisation; de former et éduquer les populations au changement de comportements et de mentalité pour la LBC/FT et la lutte contre la radicalisation en intégrant ces thématiques dans les programmes d’éducation civique et morale ; d’opérationnaliser le registre d’enregistrement des Organisations à but non lucratif (OBNL) au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité et assurer un suivi-régulier de celles-ci ; de mettre en œuvre les mesures de la LBC/FT : de vulgariser les dispositifs en vue de leur appropriation par les parties prenantes ; de vulgariser le numéro vert de dénonciation 800 800 11 et les plateformes SPACIA; de valoriser la contribution des leaders religieux et chefs coutumiers en leur donnant un encadrement adéquat et capitaliser leurs efforts dans l’édification de la paix et la stabilité politique ; d’adapter les textes règlementaires en lien avec le BC/FT aux réalités ivoiriennes ; d’adopter des mesures fiscales incitatives (réduire les impôts pour un individu qui fait un don à un office religieux) ; de veiller au développement des zones vulnérables de la Côte d’Ivoire: construction d’infrastructures routières, éducatives, socio-économiques; et de poursuivre les efforts pour la réintégration des enfants en conflit avec la loi dans leurs familles ou dans des centres adaptés.
A l’endroit du GIABA, les participants ont recommandé que soit : actualiser les études de typologies en lien avec l’abus des OBNL aux fins de BC/FT et la radicalisation ; Faciliter la tenue d’une rencontre régionale des leaders religieux pour un partage d’expériences ; et augmenter la durée des formations des Leaders religieux pour faciliter l’appropriation et le réinvestissement dans les communautés de base.
Enfin à l’endroit des Organismes à but non lucratif (OBNL), les participants ont souligné la nécessité de: mieux connaître leurs partenaires et leurs motivations pour éviter de tomber sous le coup de la Loi; veiller au respect des objectifs statutaires définis par les organisations; ne pas se détourner de la mission assignée aux différentes confessions religieuses ; mettre en place un dispositif interne de prévention et de LBC/FT et de radicalisation ; sensibiliser les parents sur leur rôle d’éducateur et d’enseignant des valeurs morales pour leurs enfants ; sensibiliser les parents pour à l’éducation de leurs enfants ; encadrer les activités des écoles confessionnelles ; œuvrer à la déconstruction du discours radical à travers l’information, la formation et la sensibilisation ; et renforcer le dialogue inter-religieux.